
|
A MES HOMMES QUI SONT MORTS |
|
A mes hommes qui sont morts |
|
Mes compagnons c'est moi; mes bonnes gens de guerre,
C'est votre chef d'hier qui vient parler ici De ce qu'on ne sait pas, ou de ce que l'on ne sait guère; Mes morts, je vous salue et je vous dis : Merci. Il serait temps qu'en France on se prit de vergogne Or, écoutez ceci : " Déserteurs ! Mercenaires ! Sans honneur ? Ah ! Passons ! Et sans foi ? Qu'est-ce à dire, Mercenaires ? Sans doute : il faut manger pour vivre; Et quand donc les français voudront-ils bien entendre Aussi bien c'est assez d'inutile colère, Jamais Garde de Roi, d'Empereur, d'Autocrate, Vous aviez des bras forts et des tailles bien prises Votre allure était simple et jamais théâtrale; On fait des songes fous, parfois quand on chemine, J'étais si sûr de vous ! Et puis, s'il faut tout dire, Vous aimiez, troupe rude et sans pédanterie, Mais vous disiez alors : " La chose nous regarde, Et je voyais glisser sous votre front austère N'ayant ni nom, ni foyer, ni Patrie Anonymes héros, nonchalants d'espérance, Quant à savoir si tout s'est passé de la sorte, Dormez dans la grandeur de votre sacrifice, Je sais où retrouver, à leur suprême étape Et ma pitié fidèle, au souvenir unie, D'ici je vous revois rangés à fleur de terre Les survivants ont dit - et j'ai servi de prêtre ! - Mais quelqu'un vous prenait dans sa gloire étoilée Compagnons j'ai voulu vous parler de ce choses, Si parfois, dans la jungle où le tigre vous frôle Soldats qui reposez en terre lointaine, Capitaine DE BORELLI |
|
LES LEGIONNAIRES |
|||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Jean-Marie SELOSSE Sidi-Bel-Abbès 1962 |
|||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Ils traversent la vie
Comme s’ils défilaient : De ce pas sans mesure. Et lorsqu’ils sont passés Quand leur marche, leurs chants Leurs fifres se sont tus Le silence retombe empreint de leur allure Je t’ai reconnu, Dan, à ton pas, en ce qu’il est inimitable. A ton regard au fond duquel brûle un désir d’impossible. A ta voix qui rompt à regret le silence, couvre à regret le vent, comme si elle les aimait. Ils ont des sacs, les Légionnaires A la précision de tes gestes. A te voir tenir ton PM sur l’épaule, d’une main désinvolte, amoureuse et gantée. A l’incomparable manière dont tu fais le café du petit jour sur trois braises. Ils ont des quarts, les Légionnaires Tu es lent mais sûr, hautain mais courtois, rieur mais brave, roublard mais candide : comprend qui te connaît. Ils ont des cœurs, les Légionnaires Je t’ai reconnu sentinelle, éclaireur, maçon, permissionnaire. Il y a en toi du prince et du bon ouvrier. Quand j’ai eu l’honneur de te regarder mourir, à la suprême élégance que tu as eue de le bien faire. Ils ont des mains, les Légionnaires Tu es sans doute, Dan, le meilleur soldat du monde. On t’a beaucoup admiré. On t’a beaucoup calomnié. On peut t’aimer ou te haïr, mais nul n’est indifférent devant toi. Ils traversent la vie
UNE COROLLE SUR BEATRICE Légionnaire KURTMEYER Ils sont là, Paras, sanctifiés dans la fournaise, Mille corolles éclatent soudain dans un ciel rougi, C'est la boucherie, l'agonie, la fin des temps, Le silence s'est fait, terrible, oppressant, repu, Le vent en colère se lève et l'orage grondit, Bérets rouges, verts, bleus, une corolle pour Béatrice, CAMERONE On a ri bien souvent de leur esprit acerbe On ignorait, alors, que l'homme en sa superbe Chacun tint son serment, le monde en fut témoin Et si le trente avril Camerone est fête Chef de bataillon Labouche, avril 1948 LES ROIS Partis des bords du fleuve Phrat, A travers le désert de sable, Ce n'était que de simples sages, 1950 A.D. "Képi bl LA TOMBE DU LÉGIONNAIRE Légionnaire de tous temps et de toutes épopées Tes ennemis te connaissent et craignent ta bravoure Et lorsque sous la terre tu reposes avec ou sans nom Ancien légionnaire Eric Dezitter
PETITE FLEUR BLANC Légionnaire KURT Tué au combat peu après avoir écrit ce poème Mon maman, il est loin…aujourd'hui et demain Petit fleur tu parler pour moi maman la Terre Petit fleur, moi soldat même chose mon frère
IL ÉTAIT MULTITUDE Seul, il allait, de son pas lent, vers ce lieu Seul Il était seul, pourtant il était multitude Karl Müler, vieux copain de guerres emmélées Kuksisko Andréas, de ta voix de stentor Bébert de Belleville, Aristo de la Butte Et toi, Mon Lieutenant, je peux te tutoyer… Et toi, Van Copenol, blond flament au long nez Il était multitude…..Et cette multitude Un Légionnaire Seul, Cela n’existe pas C’est lui
JOURS DE PÂQUES... 1954 Comme un bateau qui revient au port, Je me souviens C'était des tranchées, la boue, la mort. Dans cette vallée, Surgit Adieu Toubib et merci ! Légionnaire Joseph Szabo |
|||||||||||||||||||||||||||||||||